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LA THÉORIE DE L’INFORMATION

Théorie = représentation : la théorie s’oppose à la pratique

Information = in-formation

 

LES IDÉES :

 

– L’information est transmise de manière linéaire,
– L’information est
quantifiable.

 

LES LIMITES :

 

– La communication n’est pas l’information,
– La représentation
technicienne est réductrice (parce qu’elle fait abstraction du sens),

L’information est réduite au signal.

 

Les applications :

 

– Messages Types,
– Normes langagières,
– Langages informatiques.

 

LES MOTS CLÉS :

 

– Signal, bruit, émetteur, récepteur, message, canal, transmission,
redondance.

 

LES AUTEURS :

 

– Claude SHANNON, (Américain, 1916)

Théorie mathématique de la communication (avec Weaver)

– Waren WEAVER, (Américain, 1896/1978)

Théorie mathématique de la communication (avec Shannon)

LEURS THÉORIES

 

La théorie de l’information est née des préoccupations techniques des
ingénieurs de la télécommunication qui voulaient mesurer l’information et
étudier à quelle loi elle est soumise (bruit, entropie, chaos).

 

Le mot  » information  » a 2 sens. L’un étymologique : informer c’est donner
une forme à une matière, organiser ; l’autre plus courant : c’est communiquer un
message, une connaissance.

 

Ce schéma sera ensuite repris par le linguiste Jakobson.

 

Ce modèle est centré sur la théorie du traitement de l’information. Il s’agit
d’un système mécanique puisqu’il a été élaboré pour les besoins des laboratoires
Bell. Ceux-ci voulaient savoir comment une source d’information pouvait apporter
un message à une destination avec un minimum de distorsion en dépit des
interférences.

 

Pour définir l’information Shannon et Weaver se basent sur le 2e principe de
la thermodynamique (science des machines à feu) énoncé par Carnot :  » dans un
système physique, l’énergie tend à se dégrader « . Par exemple lorsque l’on met
de l’eau chaude dans une baignoire qui se trouve dans une salle de bain froide,
au bout d’un moment celle-ci sera tiède mais l’eau du bain aussi. Le tout
devient homogène, indifférencié, cela mène à la mort du système, à l’entropie
(en thermodynamique principe qui décrit le degré croissant de désordre dans le
fonctionnement d’un système ; en communication, degré d’incertitude).

 

L’information, elle aussi est soumise à l’entropie. Mais, en même temps elle
est une lutte contre l’entropie puisqu’elle consiste à imposer un ordre à un
message. En effet celui-ci obéit à des règles syntaxiques et lexicales.

De même les machines subissent un échauffement. Il y a donc des parasites que
l’on nommera  » bruit « . Pour corriger ces bruits on utilise la redondance. En
communication écrite ou orale, on usera de répétitions de la phrase, des mots
clés, de sur lignages, de gestes, de différence dans le ton de la voix.

Mais la redondance exagérée finit par nuire car elle ennuie. Pour éviter cela
il faut introduire l’entropie, le désordre pour attirer à nouveau
l’attention.

 

 » Shannon et Weaver distinguent 3 types de problèmes de communication :

 

– Les problèmes techniques qui concernent l’exactitude du transfert des
séries de symboles, en fonction du canal, de l’espace et du temps, depuis
l’émetteur jusqu’au récepteur.
– Les problèmes sémantiques qui concernent
l’identité (ou une approximation suffisamment proche), entre l’interprétation du
récepteur et l’intention de l’émetteur. Il s’agira de s’assurer que les images,
les représentations de l’objet convoyé sont les plus proches possibles, pour
l’émetteur et le récepteur.
– Les problèmes d’efficacité concernent le succès
avec lequel la signification transportée jusqu’au receveur, provoque chez lui la
conduite désirée.  » (Sciences de l’information et de la communication, Daniel
Bougnoux).

En conclusion on dira :

 

– qu’on peut mesurer mathématiquement la quantité de
l’information,
– qu’on peut faire un rapprochement avec les principes de la
thermodynamique,
– qu’il y a un rapport entre l’information et
l’entropie/néguentropie,
– que in-former c’est lutter contre le chaos,

qu’on peut utiliser les probabilités : l’information c’est l’improbable ou le
surprenant.

 

LA CYBERNÉTIQUE

Cybernétique vient du grec kubernetes qui signifie gouverner, piloter.

 

LES IDÉES :

 

– L’information est transmise de manière circulaire,
– Tout système tend
vers l’équilibre,
– L’information se conçoit dans un système ouvert (dans un
système fermé les liaisons néguentropique sont déterminées et donc tout est
prévisible).

 

LES LIMITES :

 

On se préoccupe davantage de l’échange quantitatif d’information que du
sens.

 

Les applications :

 

– Échanges scolaires,
– Outils interactifs,
– Intelligence
artificielle,
– Introduction de la raison et du calcul dans les relations.

LES MOTS CLÉS :

 

Système, interaction, rétroaction, entropie, circulation, homéostasie.

 

LE PRINCIPAL AUTEUR

 

Norbert WIENER, Américain, 1894/1964, professeur de mathématiques au MIT
(Massachusetts Institut of Technology).


 

– Cybernetics, or Control and Communication in the animal and the machine,
1948
Cybernétique et société, 1950

 

LEURS THÉORIES

La cybernétique est la science des machines qui s’autorégulent ; étant
« informées » sur leurs résultats, elles se corrigent elles-mêmes.

La démarche de Wiener est à replacer dans le contexte post-traumatique des
années de la

guerre, marqué par la crainte très réelle que nos sociétés ne retournent au
chaos c’est-à-dire à l’entropie. La seule façon de faire reculer le chaos est de
créer, localement, des îlots d’ordre ou de néguentropie, par l’intermédiaire de
l’information.

Il utilise une nouvelle approche du réel qui supprime les distinctions entre
le vivant et l’artificiel, l’âme et le corps, l’esprit et la machine. La logique
du raisonnement est indifférente à la matérialité des supports : ce n’est pas le
« hardware » qui qualifie les phénomènes, mais la structure logique des événements
ou des comportements.

Une nouvelle ontologie (théorie générale de l’être : ontos = étant ; logos =
discours) en résulte fondée sur la RELATION. Celle-ci prime toujours sur le
contenu (intérieur) d’un être ou d’un phénomène (contenu qui ne peut être
examiné qu’en termes d’entrées et de sorties : input/output).

La cybernétique est donc une étude du comportement ; elle examine l’objet ou
le sujet sous l’angle de l’information.

Les principes fondamentaux de cette nouvelle approche sont :

– vivre c’est communiquer ou échanger,
– le réel peut tout entier
s’interpréter en termes de messages.

Pour Wiener le signal est important ; lorsqu’il est bon tout devrait aller
bien. Mais on verra plus tard (Palo Alto) que le para langage aussi est
important.

Pour le courant cybernétique, est performant celui qui produit de
l’information. Mais cela n’est pas suffisant. On verra plus tard qu’il faut
penser à la qualité. De plus si l’information est trop riche cela entraîne des
effets pervers. Il faut donc contrôler la connaissance.

L’EMPIRICO FONCTIONNALISME

Empirico de emperia = expérience et fonctionnalisme qui renvoie à l’étude du
fonctionnement des médias et de leurs effets.

 

LES IDÉES :

 

– Le médium est le message, (Mac Luhan)
– L’information est dépendante du
contexte de réception.

 

LES LIMITES :

 

L’analyse qualitative est négligée au profit de l’analyse quantitative.

 

Les applications :

 

– Publicité (étude de l’audience – Audimat),
– Propagande,

Segmentation des publics.

 

LES MOTS CLÉS :

 

Mass média, communication, pouvoir, influence, réception du message.

 

LES AUTEURS :

 

– LAZARSFELD,

 

– Harold D. Lasswell, sociologue américain, (1902/1978)

Structure et fonction de la communication dans la société, 1948

– Marshall Mac Luhan,

La galaxie Gutenberg, 1967

Comprendre les médias

– Régis Debray

Traité de médiologie, 1991

LEURS THÉORIES

 

L’étude de la communication de masse a eu beaucoup de succès car à l’époque :

– les intellectuels étaient inquiets sur les possibilités de manipulation
dues aux nouveauxmédias (confère les tableaux de Régis Debray  sur la
logo-grapho-v idéosphère).
– les industriels voulaient connaître (et
peut-être orienter) les modes de consommation,
– les pouvoirs publics
voulaient pouvoir agir sur l’opinion en connaissance de cause.

Les études portaient sur la recherche des relations directes, immédiates ou
« de cause à effet » entre tel message et tel comportement de la part des
récepteurs. Mais ce paradigme ne convient pas à la production des messages de
masse. Les études que ce courant inspira mirent cependant en évidence la
résistance des citoyens consommateurs aux injonctions de la propagande.

En bref, les médias sont une pharmakon : à la fois un remède et un poison,
tout est question de dosage. En effet, les médias peuvent véhiculer
l’information mais aussi être un instrument dangereux permettant la
manipulation.

La communication devient sans début et sans fin car l’interlocuteur est tout
à tour émetteur et récepteur.

LA MÉTHODE STRUCTURALE,
LA
LINGUISTIQUE, LA SÉMIOTIQUE

Structurale : la langue est une structure, un système dans lequel le
sens d’un mot est différentiel. Il est déterminé par rapport à tous les autres
mots.

Linguistique : étude synchronique de la langue, c’est-à-dire de la
façon dont s’organisent les mots à un moment donné à l’intérieur du
système.

Sémiotique : science générale des signes verbaux et non verbaux.

 

LES IDÉES :

 

– La signification d’un message repose sur une infinité de signes,
– Ces
signes forment un système analysable et codé.

 

LES LIMITES :

 

– Étude qui privilégie l’objet (la langue) par rapport au sujet (la personne
qui parle).
– Le code permet de modéliser le système et donne l’illusion de
contrôler le sens global.
– Dissociation de l’écriture et de la parole.

Étude des signes en dehors du contexte spécifique de production.

 

Les applications :

 

– Fonction du message,
– Argumentaires,
– Discours.

 

LES MOTS CLÉS :

 

Système, code, langage, signe, référent, signifiant, signifié,
signification.

 

LES AUTEURS :

 

Ferdinand de SAUSSURE, Suisse, Linguiste, (1857/1913)

Cours de linguistique générale, 1915

BARTHES, Français, critique littéraire

Mythologies

John L. AUSTIN, Anglais, Philosophe, (1912/1960)

Quand dire c’est faire, 1961

How to do things with words

Ducrot, Français, grammairien

Les échelles argumentatives

JAKOBSON, Russe, linguiste, (1896/1982)

Essai de linguistique générale, 1960

LEVI-STRAUSS, Français, anthropologue

Les structures élémentaires de la parenté, 1949

LEURS THÉORIES

Pour eux le langage est, de par sa fonction fait pour communiquer et avoir
une influence sur les autres.

Ferdinand de Saussure développa surtout 3 thèmes :

– la définition du concept de langue : un système complexe,
– la liaison
du signifiant et du signifié : penser c’est parler, écrire ou articuler des sons
par le moyen d’un code en général. Les idées ne préexistent pas à leur mise en
forme par la langue, celle-ci est « un système de signes distincts correspondant
à des idées distinctes »,
– la sémiologie étudie la culture en tant que
communication et elle concerne l’ensemble des messages subordonnés à des codes
sous-jacents (langue ou plus largement convention culturelle).

La réflexion de John L. Austin part de la distinction entre 2 jeux du langage
:

 

– le constatatif Ù un usage représentatif
ou informatifá les mots enregistrent un état du monde Ù « WORLD TO WORD »,
– Le performatif Ù une dimension active Ù les mots ajoutent au monde un état Ù « WORD TO WORLD » ou  » how to do things with
words « .

On pensait que les propositions étaient alternatives : vraies ou fausses. Or
bon nombre d’expressions ne sont ni vraies ni fausses et pourtant elles ont un
sens. Ces propositions (énoncés) ne sont pas consacrées à rapporter ni à
constater des faits mais à faire quelque chose : « Bonjour, je vous félicite, je
parie, je promets… ». Ces formules commandent une alternative : succès ou
échec.

En bref, alors qu’un énoncé (constatatif) comme « la fenêtre est ouverte »
(vrai ou faux) suit et décrit l’état du monde, un énoncé performatif « la séance
est ouverte » (succès ou échec malheureux si celui qui le profère n’est pas le
président autorisé mais une personne lambda), ajoute au monde un nouvel état.

Lévi-Strauss voulut constituer une vaste théorie de la communication en
utilisant le modèle de la linguistique structurale de Jakobson. Selon lui la
communication est essentiellement échange :

– de mots : phonèmes dans l’échange verbal,
– de biens : marchandises dans
les échanges économiques,
– de femmes : dans les structures de parenté

 

On voit donc que la linguistique va servir de modèle aux sciences humaines
(donc à la communication) et que la société est conçue comme le lieu d’une
communication, d’une circulation, d’un échange.

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